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Personne n'a rien dit. Le jour où j'ai jeté pinceaux et
fusains pour jouer les serveuses grimées en putain
dans un palace du premier arrondissement, perso-
nne n'a rien compris. Il savait trop bien le sens des
cendriers saturés, des vêtements qui s'étirent sur le
parquet, de la vaisselle obscène et du lit béant. Mon
désordre est annonciateur de désastre, toujours. Je
me souviens de son premier chagrin, son premier
vrai gros chagrin, un chagrin qui bouleverse tant, q-
ue la vie change de couleur. Un chagrin qui se nic-
he à chaque endroit du corps et qui l'enraye comm-
e des milliers de grains de sable. C' était bête pou-
rtant, comparé à la mort... Mais quand on est triste,
on compare pas. Elle était toute petite, elle n'était p-
as totalement heureuse, ne se sentait pas vraime-
nt jolie. Mais elle n'y avait même pas encore pensé,
elle était comme elle était et ça lui semblait pres-
que parfait, normal, incontestable.

# Posté le samedi 06 septembre 2008 16:53

Modifié le samedi 06 septembre 2008 17:05